Air(e) de retard

Alain Bernardini

Exposition d'Alain Bernardini, à la base d'Appui d'Entre-deux,
du 13 novembre au 18 décembre 2010
Vernissage samedi 13 novembre à 18h30


Entrée libre : mardi, jeudi, vendredi, samedi de 14h30 à 19h.
Sur rendez-vous en dehors des jours et horaires d’ouverture. Réservation pour les groupes.

aire-de-retard-5.jpg Photographie © Alain Bernardini


Un homme au premier plan, costume et cravate, les mains dans les poches, regarde au lointain. Un deuxième homme le fixe. Il porte un panneau autoroutier où est inscrit AIR(E) DE RETARD. En bordure d'une voie express, les deux hommes par leur position respective dans le paysage ouvrent un espace lieu et temps que l'artiste dénomme AIR(E) DE RETARD.

Cette image s'inscrit dans le projet d'Alain Bernardini et résulte d'une résidence, commande d'Entre-deux à l'artiste. Le prétexte en est l'hypermobilité des salariés entre leur domicile et leur lieu de travail dans le bassin industriel de l'estuaire de la Loire. Alain Bernardini est le troisième artiste invité après Anne Frémy qui réalise SPECIO en 2009 et Chimène Denneulin COMMUTER en 2008.

aire-de-retard-4.jpgPhotographie © Alain Bernardini

 

Alain Bernardini a créé un espace qui n'existait pas : une aire de retard mobile. Il suffit de choisir un emplacement et de le nommer grâce à un marquage visuel. Les automobilistes sont invités à y prendre du retard sur le temps de leur trajet domicile/lieu de travail en toute conscience et tranquillité relative. Cette proposition arrive dans un contexte tendu où les employeurs sont dans une pression par rapport à la question de la ponctualité au travail. Ici l'automobiliste qui se rend au travail résiste à un système établi et culpabilisant qui le fond dans une identité sociale. Quelques automobilistes sollicités par l'artiste ont pris de l'avance afin de s'accorder une air(e) de retard pour une rencontre avec l'artiste. Pendant cet espace temps, Alain Bernardini a proposé films à visionner, discussions, etc. et il a signé des certificats de retard aux participants.

La restitution de cette expérience se déroulera à la base d'Appui, galerie d'Entre-deux à Nantes. Photographies et films d'automobilistes sur les aires de retard, d'espaces indéterminés qui suggèrent un arrêt où garer sa voiture, de bureaux désertés, composent l'ensemble des photographies réalisés par l'artiste dans le cadre de cette résidence.

Cette proposition d'Alain Bernardini offre une continuité à sa réflexion engagée sur le temps de pause et pose du salarié sur son lieu de travail. « Qu’elles soient sous forme de photographies, vidéos ou installations, les images d’Alain Bernardini bousculent les représentations sociales du travail. Employés municipaux, salariés d’entreprises privées ou commerçants jouent, pour l’artiste, des situations d’inactivité ou d’activités insolites qui élaborent des représentations très éloignées des comédies actuelles liées à l’esprit d’entreprise ». Ici, Alain Bernardini invente un espace en dehors de l'entreprise où le salarié maintient une identité individuelle à travers un acte de résistance.

Aire-de-retard-1.jpg Photographie © Alain Bernardini

Invité à la biennale de Rennes en 2008, il réalise Qui sort de son lit pour aller couler ailleurs dans le cadre d'une résidence en entreprise. En 2008 et 2009, il photographie le personnel de l'hôpital Paul-Brousse à Villejuif dans le cadre d'une commande de l'action Nouveaux commanditaires pour réaliser un monument d'images. Cette œuvre dont la forme finale ne sera pas réalisée verra son histoire documentée dans une publication en 2010 : Alain Bernardini Monument d'images, Valence, Captures éditions et Paris, 3-CA, 2009, 172 p.



Sans titre, Le jardin aux sentiers qui bifurquent

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Le lieu
Centre de lutte contre le cancer, Nantes Atlantique, René Gauducheau, à Saint-Herblain.
Intervention sur le plateau de soins de support et sur le plateau de consultations.
Le plateau de soins de support (Kinésithérapie, psychologie, diététique, sophrologie, etc.) aident à résister aux agressions de la maladie et aux traitements comme la radiothérapie ou la chimiothérapie.
Le plateau de consultation accueille 46 300 patients sur l 'année.

Dates
En cours
L'étude préliminaire a été présentée aux commanditaires le 13 septembre 2010, au centre René Gauducheau

Les commanditaires
Le comité des patients est représenté par Madame Reine Levy, Madame Françoise Laugraud, Monsieur Jean François Cossé, Madame Laurette Launay et Madame Béatrice Le Gallet.
Les membres du personnel du centre de lutte contre le cancer René Gauducheau sont : Madame Isabelle Thebault (Espace de rencontre et d'information), Monsieur Philippe Bourrel (Directeur des soins), Madame Françoise Dayot (Coordinatrice des soins de supports), Docteur Hélène Senellart (Oncologue médical - Médecin réfèrent aspects socioesthétique (apeseo)), Docteur Véronique Barbarot (Oncologue médical -Médecin référent soins palliatifs prise en charge de la douleur), Monsieur Thomas Della Maestra (Responsable du service technique), Madame Joëlle Pichon (Responsable des affaires juridiques des assurances et des relations avec les usagers), Madame Béatrice Oheix (Secrétaire médicale principale), Madame Maryse Mossard (Cadre de santé consultations).

Partenaires
La Fondation de France, le Centre de Lutte Contre le Cancer Nantes Atlantique " René Gauducheau " et avec la participation de l'Etat - Préfecture de la région Pays de la Loire - DRAC des Pays de la Loire aux ateliers mis en place par le comité de patients pour le travail d'accompagnement de la commande Nouveaux commanditaires.

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La commande
A l'occasion de la restructuration du centre de lutte contre le cancer René Gauducheau, des patients et des membres du personnel, réunis en Comité, ont fait appel aux Nouveaux commanditaires, par l'intermédiaire de Entre-deux et Eternal Network, pour accueillir une œuvre d'art contemporain. La commande concerne le plateau de consultations et le plateau de soins de support, ces deux plateaux sont des lieux où les patients sont confrontés à des temps d'attente important, qui se renouvellent tout au long du traitement. Le Comité souhaite que l'œuvre soit inscrite dans les lieux de circulation et soit visible par les patients, en prenant en compte ceux qui sont couchés, ainsi que les familles et le personnel.


Le cahier des charges
Les patients ont exprimé le vœu d'un espace intermédiaire, une " passerelle " entre l'hôpital et le monde extérieur. Ce vœu est dans l'esprit de la circulaire N°661 du 4 mars 1975 : " (...) de l'effort général à accomplir afin d'obtenir une ouverture accrue de l'hôpital vers la cité (...) ". Ils imaginent un espace humanisé et roboratif qui permet de se ressourcer, de mieux résister à l'usure physique et morale provoquée par l'intensité et la durée des soins.
L'œuvre, tel un fluide, apparaîtra dans une variabilité de lumière, de couleurs, de mots ; elle exprimera la vie. Elle pourra également susciter étonnement, curiosité, provoquer des échanges entre les patients. La présence de l'œuvre pourra agir comme un marqueur visuel.
Les membres du personnel pensent qu'un lieu de travail à la fois apaisant et stimulant facilitera globalement les échanges et améliorera les conditions de travail.

L'œuvre pour des questions d'hygiène et de sécurité doit prendre en compte les contraintes réglementaires de l'établissement, le règlement de sécurité, les exigences posées par l'architecte et doit être pérenne et facile d'entretien.


CLCC-1.jpgLe projet

La proposition de Bruno Peinado résulte de nombreux échanges entre les commanditaires, Entre-deux et l'artiste, " une œuvre composée à partir de la somme des écoutes et de ces temps partagés. Alors que nous réfléchissons à ce projet, lors de nos rencontres successives, nous avons vite abordé la densité du programme architectural déjà rendu. Cette densité ne laissait que peu de place à une œuvre circonscrite. Ainsi, nous avons très rapidement nommé un mode d'intervention plus éclaté. Une œuvre diffuse plutôt qu'un monument. Et c'est sur cette base que j'ai décidé de pousser à l'extrême cette idée qui serait de ne pas faire œuvre mais d'immiscer mon projet artistique dans la peau même du programme architectural. Comme un cheval de Troie, mon projet est de dissimuler l'œuvre dans le corps du bâtiment afin de la rendre plus forte et plus perceptible. Rebondir sur le projet architectural afin de mieux intégrer les contraintes inhérentes à ce projet et de les dépasser. "

 Afin de répondre aux normes et de s'insérer dans le projet architectural de l'architecte, l'artiste a choisit de reprendre et détourner les matériaux sélectionnés par l'architecte pour constituer son œuvre. Sur ces plateaux, à partir de l'idée de passage des patients et du flux sanguin, Bruno Peinado intervient sur la notion de parcours, la perception d'espace.
" Les motifs de mon œuvre ont été choisis suite à nos conversations où la notion d'un espace vivant, d'une perspective à incarner, d'une possibilité d'un parcours, un projet qui puisse nous accueillir et nous accompagner.
Intégrant ces fondamentaux, l'idée d'une arborescence, de lignes de vie qui pourraient recomposer un réseau s'est vite imposée.
Un parcours dans l'espace dense des plateaux de soins de support et de consultations comme des possibilités de cheminements.
Un itinéraire qui à la fois nous accompagnerait et nous perdrait. Un espace labyrinthique comme un réseau vasculaire qui ferait de ces plateaux deux corps à animer.
Des lignes de vie ou des intensités qui mises en perspectives se déploieraient du sol au mur en passant au plafond.
Une sorte de jardin au sentiers qui bifurquent. "

L'artiste
Bruno Peinado est né à Montpellier en 1970
Il vit à Douarnenez et ailleurs
" Le travail de Bruno Peinado se présente comme une florescence en extension, il se réalimente sans cesse en puisant abondamment dans toutes formes de cultures, et s'enrichit de la prolifération des références. En mixant ces diverses influences et en brouillant les ondes, il invente de nouveaux liens entre les arts plastiques et d'autres expressions culturelles, il télescope le milieu de l'art avec celui de la vie quotidienne. Bruno Peinado envisage la créolisation comme une rencontre inattendue et accidentelle, les éléments les plus hétérogènes sont mis en relation, se heurtent et s'échangent, tout en tissant des liens et en se connectant dans un vaste réseau qui se déploie et se ramifie selon une pensée rhizome. C'est un frétillant vivier qui se nourrit de tout ce qui peut l'entourer. Contaminé par toutes sortes de mondes, contaminé en permanence, Bruno Peinado assume une prédilection naturelle au mouvement. "
Clio Lavau in Bruno Peinado, La question de la créolisation.

" L'impressionnant corpus d'œuvres réalisées par Bruno Peinado depuis 2000 peut être vu comme la régurgitation brusque de 30 années de rencontre d'un inconscient collectif et d'un imaginaire personnel (et réciproquement) soudainement rendues visibles, matérialisées. Résultat : un " Chaos-Monde ", pour reprendre le mot du poète martiniquais Édouard Glissant théoricien de la " créolisation ". Cette " pensée de l'archipel " fournit à Bruno Peinado, avec l'univers musical du sampling, la base des outils redoutables grâce auxquels il entreprend de dynamiter le Monde avec jubilation dans l'objectif avoué de le " recomplexifier ". Prenant à bras-le-corps le flux d'images qui envahit notre existence présente, et notre mémoire, Bruno Peinado, par des mécanismes de retournement, d' " à-peu-près " visuels et linguistiques (dont les irrésistibles Lost-it Note et autres Wild Disney) , le soumet à un processus d'" infusion " mentale particulièrement décapant, qui sème l'oubli, la confusion et le doute. À l'image de la Low Revolution 3 qu'il montre au PS1 Museum de New York en 2002, la pratique de Bruno Peinado se concentre dans des installations " mutantes ", qui mêlent dessin, peinture, sculpture, " ready made " très assistés et éléments de décor (moquette, mobilier...), où l'impact visuel de l'ensemble sert d'écrin à des œuvres emblématiques dotées d'une grande force d'évocation, comme le bibendum Michelin afro au poing levé (The Big One World, 2000) qui est rapidement devenu l'emblème d'un " multiculturalisme postcolonial complexe et sans exotisme ". Apôtre du mouvement perpétuel associé à son pendant naturel, la pause (exposition Perpetuum Mobile au Palais de Tokyo en 2004), Bruno Peinado adopte la stratégie du cheval de Troie. Ainsi, la version monumentale qu'il en a réalisé en 2004 (Ride Like Lightning, Counter Revolution Counter) est entièrement couverte du plus efficace des camouflages : le miroir. "
Stéphane Corréard, ART NOW, Taschen, 2005

Plus sur Bruno Peinado



programmation 2010 :

Base d'Appui et hors les murs


  • 15 janvier 2010 à 18h30 Entre-deux – La base d'Appui : Présentation et signature de l'ouvrage monographique AVIGNON-CLOUET ARCHITECTES.

  • 18 mars – 30 avril 2010 / la base d'Appui, Nantes :
    Open House : Christine Laquet, Christophe Vigouroux, Bérenger Recoulès et Kerwin Rolland.
    Vernissage samedi 13 mars 18h30
    « Open house » est une exposition qui prend comme sujet le lieu à la fois public et privé d'Entre-deux. Cet espace a été conçu par les architectes Avignon & Clouet.

  • 8 juin – 10 juillet 2010 / la base d'Appui, Nantes
    Exposition personnelle de Yann Sérandour.
    Vernissage samedi 5 juin à 18h30

  • juillet – août 2010 / hors les murs, Guémené-Penfao
    Résidence de Bérenger Recoules et Kerwin Rolland, designers sonores.

  • mai – septembre 2010 / hors les murs, région des Pays de la Loire
    R
    ésidence N°3 sur la mobilité des salariés : Alain Bernardini

  • 13 novembre - 18 décembre 2010 : restitution de la résidence d'Alain Bernardini à la base d'Appui.


 

© Entre-Deux 2006